L’alcoolisme de ma mère - Karen Daugherty

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L’alcoolisme de ma mère

L’alcoolisme de ma mère - Karen Daugherty

Les infirmiers urgentistes de l’hôpital me connaissent très bien. Dans la famille, nous avions eu affaire à eux, au moins une fois par an. Et pour cause, notre mère y était régulièrement amenée soit pour un lavage d’estomac, soit pour une chute. Quand j’étais jeune, je pleurais, je criais, car je ne supportais pas de voir ma mère dans cet état. Elle nous a expliqué à maintes reprises qu’elle ne le faisait pas exprès. Donc, nous continuions à l’excuser et à la soigner. Mais quand j’ai grandi, j’ai compris que ma mère devait prendre en compte le fait qu’elle était en train de faire du mal à toute la famille. Après que je me sois mariée, et que mon grand frère soit parti vivre à l’étranger pour son travail dans le domaine de la planification fiscale, mes parents sont restés tous seuls. Donc, c’est surtout à mon père qu’on demande d’y aller. Il a appris à accepter que sa vie se résume à soigner notre mère. Une fois, il n’était pas à la maison, il m’a appelé pour me dire que ma mère était restée inconsciente pendant quatre heures dans l’escalier. Ce sont les voisins qui l’ont emmené à l’urgence. Quand je suis arrivée là-bas, ils m’ont expliqué qu’ils ont besoin de faire une fibroscopie pour voir si son estomac avait des lésions. Alors moi, j’ai fait semblant d’être étonnée et j’ai demandé, « Mais qu’est-ce qu’elle a ? Que s’est-il passé exactement ? » Mais au fond de moi, je savais très bien ce qui s’était passé. J’avais cru en avoir fini avec ces histoires. Mais le passé finit toujours par nous rattraper. Encore une fois, j’écoutais les explications du médecin me disant que ma mère avait ingurgité un mélange d’alcool et de médicaments. Épuisée par les allées et venues à l’hôpital, j’étais décidée à dire à ma mère ses quatre vérités. Cette fois-là, je lui ai dit que c’était la dernière fois que j’allais pouvoir la suivre aux urgences. Je lui ai aussi dit que si elle rechutait, elle pouvait appeler quelqu’un d’autre. Car j’ai eu ma dose de drame. Elle a accepté de suivre une cure de désintoxication. À la sortie, elle est restée abstinente et a même continué à se soigner. Jusqu’à maintenant, elle semble aller mieux. Quand je vais lui rendre visite, elle sourit. Je reste quand même sur le qui-vive. Au moindre signe de rechute, je m’adresse à toute la famille.